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Trouver un chez soi grâce à Passages: le parcours de Fanny
À 35 ans, Fanny vit dans un logement avec soutien communautaire offert par Passages, un organisme montréalais qui accompagne des jeunes femmes en situation de vulnérabilité. C’est la première fois qu’elle peut rester aussi longtemps au même endroit, après un parcours marqué par l’instabilité résidentielle, des ruptures familiales et des enjeux de santé mentale.
« Ici, c’est l’endroit dans ma vie où j’ai habité le plus longtemps : sept ans », raconte-t-elle simplement.
Grandir dans l’instabilité
Fanny a grandi dans un contexte familial fragile. « On ne vivait pas dans la rue, mais ce n’était pas stable chez nous, chez ma mère, explique-t-elle. On déménageait tout le temps. » Enfant, elle passait d’un logement à l’autre, souvent entre l’appartement de sa mère et celui de ses grands-parents, qui ont joué pour elle un rôle de figures parentales importantes.
Cette enfance marquée par les déplacements et l’insécurité a laissé peu d’espace pour construire des repères. « J’ai fait trois écoles primaires », se souvient-elle. Malgré tout, Fanny garde le souvenir d’un quartier familier, mais sans véritable sentiment d’appartenance.
À l’âge adulte, l’instabilité se poursuit sous une autre forme. Après avoir quitté le domicile maternel, elle passe près d’un an à naviguer entre des centres de crise et des maisons d’hébergement. « Je devais changer de place après deux semaines », raconte-t-elle. Cette succession de lieux ne lui laisse aucun répit.

La rencontre avec Passages
C’est alors qu’une référence l’oriente vers Passages. L’organisme offre des logements individuels avec un accompagnement adapté aux besoins des femmes qui y résident. « Quand je suis venue ici, l’entrevue s’est bien passée, dit Fanny. J’ai attendu qu’un logement se libère. Ç’a pris environ un mois. »
© Passages
Elle arrive chez Passages le 1er avril 2019, à 28 ans. Pour la première fois, elle signe un bail qui lui permet d’envisager l’avenir autrement. « Au début, ç’a été dur, admet-elle. C’était mon premier logement. » Passer d’une maison à plusieurs étages à un appartement 1 ½ soulève son lot d’adaptations : bruits inconnus, solitude, nouvelles responsabilités.
Mais peu à peu, le logement devient un espace à elle. « Je dirais que je me suis vraiment sentie chez moi au moment où j’ai commencé à décorer mon appartement. Je me disais : “OK, c’est vraiment chez nous.” »
🏠 Le volet logement de Passages
Mis sur pied en 2006, le volet logement de Passages offre à des jeunes femmes âgées de 18 à 30 ans des appartements abordables avec soutien communautaire. En partenariat avec la Société d’habitation populaire de l’Est de Montréal (SHAPEM), l’organisme met à disposition 14 logements semi-meublés, où les locataires peuvent demeurer aussi longtemps que nécessaire. Deux intervenantes sont présentes sur place cinq jours par semaine afin de soutenir les femmes dans leur maintien en logement et le développement de leur autonomie.
Un accompagnement qui fait une différence
Si chaque femme chez Passages habite son propre logement, elle n’est pas pour autant laissée à elle-même. Les intervenantes sont présentes au quotidien, et un local communautaire permet de briser l’isolement. « On peut venir prendre un café, s’asseoir dans le salon, parler avec les autres locataires. On se sent moins seules », souligne Fanny.
Cette présence a été particulièrement importante lors de moments plus difficiles. Elle se souvient d’un incident marquant où elle s’est accidentellement blessée : « J’ai paniqué. Les intervenantes m’ont accompagnée à l’hôpital. Leur présence m’a vraiment rassurée. »
Au fil des années, cet accompagnement l’a aidée à développer son autonomie : apprendre à cuisiner, à entretenir son appartement, à gérer son anxiété. « Avant, je faisais beaucoup de crises d’anxiété et j’allais souvent à l’hôpital. Maintenant, moins », dit-elle.
Derrière chaque porte d’un logement avec soutien communautaire se cache une histoire de résilience et de reconstruction.

Reprendre confiance et s’engager
Aujourd’hui, Fanny mène un quotidien actif. Elle fréquente un centre de jour en santé mentale, fait du bénévolat au CHUM et participe à diverses activités créatives. « Je fais de la peinture, des sorties, j’écoute beaucoup de musique », raconte-t-elle, en mentionnant aussi l’importance de son chat dans sa vie.
Mais ce qui lui donne le plus de force reste son frère. « C’est la personne la plus importante pour moi », affirme-t-elle. Elle nourrit d’ailleurs le projet de partager éventuellement un logement avec lui dans un HLM. « On a grandi ensemble, on se comprend bien. J’aimerais pouvoir l’aider, comme lui m’aide dans d’autres choses », affirme Fanny.

Garder l’espoir
Lorsqu’on lui demande quel message elle aimerait transmettre aux femmes qui vivent des moments difficiles, elle répond sans hésitation : « Gardez l’espoir. Allez chercher de l’aide. Il y a toujours quelqu’un pour aider. »
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