S’aider soi-même pour aider les autres

Santé mentale
22 août, 2018 •  Par Centraide

Lorsqu’on se sent mieux, on est capable d’aider les autres sans s’épuiser.

Gisèle a appris à affronter le trouble bipolaire de sa fille grâce à l’appui d’un organisme soutenu par Centraide.

« En 2001, ma fille commençait son doctorat en psychologie, et je la sentais très anxieuse. Ça allait en empirant. Je me souviens d’un incident en particulier, elle m’avait appelée complètement paralysée de panique, et j’avais dû aller la chercher. Elle a été hospitalisée, et après plusieurs mois d’investigation, le diagnostic est tombé : elle souffrait d’un trouble bipolaire. 

J’étais sous le choc, les jambes en coton, et je me demandais ce que j’allais faire. Lorsque ma fille était en manie, elle ne dormait pas. Elle marchait continuellement et perdait du poids. Étant moi-même intervenante – je suis orthophoniste à la retraite – je savais qu’il fallait demander de l’aide rapidement. Mais quand il s’agit de son enfant, on se sent complètement démuni.   

Au début, je cherchais surtout de l’aide pour ma fille. Puis, quand elle a été prise en charge, j’ai pu me libérer un peu, et trouver de l’aide pour moi-même. Je suis allée voir un organisme dédié aux parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale, qui est appuyée par Centraide. J’y ai suivi 10 séances de groupe pendant lesquelles j’ai beaucoup appris sur la santé mentale. J’ai mieux compris comment se sentent les personnes qui en souffrent. Ça m’a aidée à me mettre à la place de ma fille.  

On m’a aussi enseigné à lâcher prise, que ce n’était pas une question d’abandonner, mais bien d’accepter la situation. Puis j’ai appris à dire à ma fille que j’étais épuisée, que je ne pouvais pas toujours être forte. Elle s’est alors mise à faire attention à moi, comme je faisais attention à elle. Notre relation a toujours été bonne, mais là, ça nous a aidées à communiquer et à collaborer encore plus. 

Aujourd’hui, ma fille va beaucoup mieux. Le trouble bipolaire reste, mais on vit avec. Je fais partie du conseil d’administration de l’organisme depuis six ans, et en entendant les témoignages des proches de personnes souffrant de maladies mentales, je vois à quel point l’assistance qu’il offre est précieuse.  

On se demande si les problèmes de nos enfants sont de notre faute, mais il faut perdre cette culpabilité et aller chercher de l’aide. Lorsqu’on se sent mieux, on est capable d’aider les autres sans s’épuiser. »  

— Gisèle