Malgré les avancées, des défis persistent
Le Grand Montréal se distingue par la diversité de ses identités, de ses réalités et de ses parcours de vie. Malgré les avancées réalisées en matière de droits au cours des dernières décennies, plusieurs personnes 2SLGBTQIA+ continuent de composer avec la discrimination, l’isolement ou des difficultés d’accès au logement et aux services. Des réalités qui peuvent encore aujourd’hui avoir des répercussions bien concrètes sur leur santé mentale, leur sécurité et leur sentiment d’appartenance.

Une diversité de réalités
L’acronyme 2SLGBTQIA+ regroupe une grande diversité d’identités et d’expériences. Il inclut notamment les personnes bispirituelles (Two-Spirit), lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer, intersexes, asexuelles ainsi que d’autres identités liées à la diversité sexuelle et de genre.
Les réalités vécues au sein de ces communautés sont loin d’être uniformes. Une jeune personne trans, une personne aînée gaie, une personne migrante queer ou une personne bispirituelle autochtone ne font pas face aux mêmes défis.
Les discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle peuvent également se combiner à d’autres formes d’exclusion, notamment en raison de l’origine ethnique, du statut migratoire, de la situation économique ou du handicap. Cette réalité rappelle l’importance d’adopter une approche intersectionnelle pour mieux comprendre les besoins des personnes concernées.
Des progrès réels, mais un héritage encore présent
Au Canada, les personnes 2SLGBTQIA+ ont longtemps été criminalisées, psychiatrisées et marginalisées. Les relations homosexuelles n’ont été décriminalisées qu’en 1969, tandis que les protections juridiques visant explicitement les personnes trans n’ont été instaurées au Canada qu’en 2017.
Même si les lois ont évolué, les conséquences de cette histoire continuent de se faire sentir aujourd’hui et peuvent encore engendrer discrimination, stigmatisation et exclusion, avec des répercussions concrètes sur l’accès à l’emploi, au logement, aux soins de santé et au sentiment d’appartenance à la communauté.
⚖️🏳️🌈 Les droits ne sont jamais acquis
Alors que d’importants progrès ont été réalisés au cours des dernières décennies, les communautés 2SLGBTQIA+ font aujourd’hui face à une recrudescence des discours haineux et à des remises en question de leurs droits dans plusieurs pays. Cette situation trouve également un écho au Québec. Une étude du GRIS-Montréal publiée en 2025, révèle des signes préoccupants de recul de l’acceptation de la diversité sexuelle chez les élèves du secondaire1.
Des enjeux préoccupants en santé mentale
Les personnes de la diversité sexuelle et de genre sont davantage exposées à la détresse psychologique que le reste de la population. Au Canada, elles sont plus susceptibles que les personnes hétérosexuelles et cisgenres de rapporter une santé mentale moins favorable, ainsi que des niveaux plus élevés d’anxiété, de dépression et d’idéations suicidaires2. Ces écarts s’expliquent non pas par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, mais par les discriminations, les préjugés, le rejet et les violences auxquels certaines personnes sont confrontées.
Un risque accru d’itinérance et d’exclusion
L’itinérance touche de façon disproportionnée les communautés 2SLGBTQIA+. Au Québec, 16 % des personnes en situation d’itinérance s’identifient comme LGBTQ+3. Chez les jeunes, la proportion serait encore plus élevée, atteignant entre 20 % et 40 % selon diverses enquêtes. Le rejet familial figure parmi les principaux facteurs qui expliquent cette vulnérabilité accrue4.
Pour plusieurs personnes trans ou non binaires, les difficultés peuvent se poursuivre dans les ressources d’hébergement lorsque les milieux ne sont pas adaptés à leurs réalités. L’accès à un logement sécuritaire et à des services inclusifs demeure essentiel pour prévenir l’exclusion sociale.
Ces enjeux prennent un visage bien concret dans l’histoire racontée dans l’article suivant :
Des ressources essentielles pour les communautés 2SLGBTQIA+
Les organismes communautaires sont souvent parmi les premiers lieux vers lesquels se tournent les personnes 2SLGBTQIA+ à la recherche d’aide, de repères ou simplement d’un espace où elles peuvent être elles-mêmes. Ils offrent une gamme de services allant du soutien psychosocial à l’aide au logement, en passant par l’entraide et la sensibilisation.
L’inclusion ne se joue toutefois pas uniquement au sein des organismes spécialisés. Les personnes 2SLGBTQIA+ fréquentent les services de leur quartier, participent à la vie de leur communauté et font appel à une multitude de ressources tout au long de leur parcours. D’où l’importance de développer des pratiques accueillantes et adaptées à la diversité des réalités et des identités. Centraide du Grand Montréal soutient des organismes qui contribuent à faire de ces milieux des espaces plus inclusifs et accessibles.
📌 À retenir
- Au moins 1,3 million de personnes, soit 4,4 % de la population canadienne de 15 ans et plus, s’identifient aux communautés 2SLGBTQIA+3.
- Les jeunes de 15 à 24 ans sont proportionnellement plus nombreux à s’identifier comme LGBTQ2+3.
- On estime qu’environ 10 % des personnes aînées s’identifient aux communautés 2SLGBTQIA+, bien que leurs réalités demeurent souvent peu visibles5.
- Au Québec, 16 % des personnes en situation d’itinérance s’identifient comme LGBTQ+2. Chez les jeunes en situation d’itinérance, cette proportion pourrait atteindre 20 % à 40 %3.
À découvrir
Parmi les organismes soutenus par Centraide qui contribuent à l’inclusion des communautés 2SLGBTQIA+
Sources :
- GRIS-Montréal (2025). Augmentation des niveaux de malaise. Ce que les élèves du secondaire pensent de la diversité sexuelle, 2017-2024. [Rapport].
- Statistique Canada (2024). Profil socioéconomique de la population 2SLGBTQ+ âgée de 15 ans et plus, 2019 à 2021. [Site web].
- Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (2023). Dénombrement des personnes en situation d’itinérance visible au Québec 2022 – Rapport de l’exercice « Tout le monde compte ». [Rapport].
- Côté, Philippe-Benoît et Blais, Martin (2019). Le passage à l’itinérance chez les jeunes LGBTQ+ : une analyse qualitative des points de bascule. [Article de revue scientifique].
- Fondation Émergence (s. d.). Sensibiliser et outiller pour des milieux aînés plus inclusifs. [Site Web].
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