Un engagement qui prend racine dans l’enfance

Bénévolat
Réussite des jeunes
10 septembre, 2019 •  Par Centraide du Grand Montréal

Revenir à la maison le soir après avoir passé trois heures dans un organisme en sachant que mon aide est appréciée, c’est formidable!

Francis s’engage dans sa communauté auprès de divers organismes, incluant Centraide, pour lequel il œuvre à titre de bénévole au comité d’allocations aux organismes.

« J’ai été interpellé par la pauvreté et l’exclusion alors que je n’avais que dix ans, au moment où mon père a déménagé la famille en Haïti. Mon père est Haïtien, ma mère est Québécoise. J’arrivais de Boucherville, une banlieue où les enfants ne manquaient de rien. En Haïti, j’étais le blanc. Au Canada, j’étais un étranger. J’ai dû me faire une place dans un endroit comme dans l’autre. Je me suis senti assez isolé à certains moments. 

À mon arrivée en Haïti, j’ai vécu un choc culturel. J’ai compris qu’il y avait une grande différence entre les gens aisés et les gens pauvres. C’était choquant! Puis, les pauvres, on finit par ne plus les voir. Ça aussi, c’est assez bouleversant! 

En revanche, avec les enfants dans la rue, il n’y avait pas de barrières. On s’amusait tous ensemble, riches ou pauvres, avec des riens : des billes, des osselets, des dominos. J’avais un vélo et les autres n’en avaient pas, alors je le prêtais. Les choses étaient simples.  

Lors de mon retour au Canada à 19 ans, j’ai eu la chance de faire des études pour ensuite réaliser mon rêve de devenir avocat. C’est alors que j’ai senti que j’avais les outils et le temps pour aider et que j’ai commencé à m’investir auprès de plusieurs organismes. 

J’aime faire du bénévolat, donner du temps et mettre mes compétences, mon expérience et mon vécu au profit d’une cause dans le but de contribuer à améliorer la vie des gens, et ce, sans rien attendre en retour. Mais le sentiment que j’en retire est incroyable. 

Les causes pour lesquelles je m’engage sont directement liées à mon enfance. La pauvreté et l’isolement, je les ai vus, sentis, vécus. En m’impliquant, je viens en quelque sorte pallier une situation injuste. 

Puis, en tant que père de deux jeunes enfants, je suis particulièrement touché par la pauvreté des tout-petits. Je voudrais tellement qu’ils aient tous la même chance que mes enfants : grandir heureux et surtout en étant écoutés.  

Je sens clairement que mon engagement a de l’impact quand je rencontre des gens qui fréquentent les organismes soutenus par Centraide.

Je suis fier de donner de mon temps. Revenir à la maison le soir après avoir passé trois heures dans un organisme en sachant que mon aide est appréciée, c’est formidable. On se sent léger! »  

— Francis