La réussite scolaire commence bien avant l’école

Réussite des jeunes
5 août 2026 •  Par Centraide
Enfant
© Valérie Paquette

Avant même d’avoir appris à lire ou à écrire, près d’un enfant sur trois arrive à la maternelle avec une vulnérabilité qui pourrait compliquer son parcours scolaire, qu’il s’agisse entre autres du langage, des habiletés sociales ou du développement affectif. Cette réalité rappelle toute l’importance d’agir tôt auprès des tout-petits, de leur famille et de leur communauté, comme le font bon nombre d’organismes appuyés par Centraide. 


Quand on parle de réussite scolaire, on pense souvent aux années passées sur les bancs d’école. Pourtant, les bases de cette réussite se construisent bien avant la première journée de classe. 

Attendre son tour, demander de l’aide, raconter une histoire, jouer avec d’autres enfants ou exprimer ses émotions : ces apprentissages de la petite enfance jouent un rôle important lorsqu’arrive le moment de franchir les portes de l’école.  

Or, les plus récentes données de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM) révèlent qu’en 2022, 28,7 % des enfants québécois étaient considérés comme vulnérables dans au moins un domaine de leur développement au moment de leur entrée à l’école. Dans le Grand Montréal, cette proportion atteignait 28,1 % à Montréal, 33,9 % à Laval et 29,1 % en Montérégie. 

Comprendre la vulnérabilité à l’entrée à l’école

Ces vulnérabilités peuvent toucher la santé physique et le bien-être, les compétences sociales, la maturité affective, le développement cognitif et langagier ou encore les habiletés de communication. Elles ne déterminent pas l’avenir d’un enfant, mais elles peuvent rendre les apprentissages plus difficiles et nécessiter un soutien supplémentaire dès les premières années de scolarisation. Elles peuvent également influencer la capacité d’un enfant à s’adapter à l’école et à progresser dans ses apprentissages au fil du temps. 

Pauvreté, milieu de vie et développement des enfants

Les conditions dans lesquelles les enfants grandissent influencent leurs possibilités de développement. La pauvreté et la précarité financière jouent notamment un rôle important. Lorsqu’une famille doit composer avec des revenus insuffisants, un logement inadéquat ou un accès plus limité aux ressources et aux services, les occasions d’apprendre, de jouer et de développer son plein potentiel peuvent être plus restreintes. 

Les écarts observés dans le Grand Montréal en témoignent. À Montréal, la proportion d’enfants vulnérables varie de 17,3 % à 36,9 % selon les secteurs. Des quartiers comme Montréal-Nord, Saint-Michel et Parc-Extension affichent des proportions plus élevées, tandis que Saint-Laurent, Côte-Saint-Luc, Notre-Dame-de-Grâce et l’Ouest-de-l’Île figurent parmi les moins touchés. Ces différences reflètent notamment des réalités socioéconomiques variées en matière de revenus, de logement et d’accès aux ressources de proximité. 

Pour Centraide et les organismes qu’il soutient, ces résultats ne sont pas une surprise. Ils corroborent ce qui est observé sur le terrain : les inégalités sociales et économiques se répercutent sur les possibilités de développement des enfants dès leur plus jeune âge. 

Tasha Lackman

« Grandir dans la pauvreté, c’est souvent faire face à davantage d’obstacles dès le départ. Mais lorsqu’on donne aux familles le soutien dont elles ont besoin, on crée des conditions qui permettent aux enfants de bien grandir, d’apprendre et de prendre confiance en leurs capacités. »

— Tasha Lackman
Présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal

Un filet social pour bien grandir

Les premières années de la vie offrent aussi les meilleures occasions d’agir. Lorsque les familles trouvent rapidement le soutien dont elles ont besoin, les effets se font sentir bien au-delà de la petite enfance. Un parent qui se sent accompagné est souvent mieux outillé pour stimuler le développement de son enfant, favoriser son langage, répondre à ses besoins et l’aider à prendre confiance en lui. 

Partout dans le Grand Montréal, des organismes soutenus par Centraide accompagnent les familles de multiples façons. Certains proposent des activités d’éveil à la lecture ou au jeu, d’autres offrent des ateliers favorisant le développement moteur, social ou langagier. D’autres encore créent des espaces où les parents peuvent échanger, briser l’isolement et trouver du soutien lorsqu’ils traversent une période plus difficile. 

En soutenant ces organismes, Centraide contribue à créer des conditions gagnantes pour le développement des enfants, tout en réduisant les inégalités qui peuvent nuire à leur réussite éducative.

L’accompagnement ne s’arrête toutefois pas à l’entrée à l’école. Aide aux devoirs, mentorat, activités parascolaires, maisons de jeunes, soutien psychosocial et camps éducatifs permettent aux enfants et aux jeunes de poursuivre leur développement, de renforcer leur confiance et de surmonter les défis qu’ils rencontrent en cours de route.

La réussite scolaire se construit dans la durée. Elle prend racine dans les premières années de vie, puis se renforce grâce aux ressources, aux relations et aux occasions d’apprentissage qui entourent les jeunes tout au long de leur parcours. 

📌 À retenir

  • Près de 3 enfants sur 10 commencent la maternelle avec une vulnérabilité dans au moins un domaine de leur développement.
  • Ces vulnérabilités touchent la santé physique et le bien-être, les compétences sociales, la maturité affective, le développement cognitif et langagier ou encore les habiletés de communication.
  • La pauvreté et les conditions de vie influencent les possibilités de développement des enfants. 
  • Agir tôt auprès des tout-petits et des familles favorise la réussite éducative. 

Source : Institut de la statistique du Québec (2024). Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM) 2022


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