Des actions pour améliorer l’offre de logement sur la Rive-Sud

Besoins essentiels
COVID-19
22 juin, 2021 •  Par Centraide du Grand Montréal

Les résidents du Grand Montréal ayant de faibles moyens financiers rencontrent des difficultés particulières lorsqu’il est question de se loger. Avec un taux d’inoccupation très bas, et ce, peu importe le nombre de chambres à coucher, les logements disponibles sont rares. Dans plusieurs territoires où il y a un nombre important de personnes peu nanties, le taux de logements à faible coût est encore plus bas.

À cela s’ajoute d’autres facteurs non négligeables :

  • un nombre limité de logements locatifs et la transformation de logements locatifs en condominiums engendrent une pression à la hausse sur les loyers.
  • le vieillissement du parc locatif et les besoins en rénovation sont à souligner dans plusieurs secteurs. Les rénovations se traduisent aussi à leur tour par des augmentions de loyers.
  • en un an (automne 2019 à l’automne 2020), la hausse du loyer moyen dans l’agglomération de Longueuil a été de 3,9 %.
  • le taux d’inoccupation de Brossard est de 3 %.

Centraide soutient 34 organismes logement qui accompagnent annuellement des dizaines de milliers de locataires ayant besoin de soutien (démarches administratives, insalubrité, budgétisation, etc.). Dans l’agglomération de Longueuil, Centraide appuie le Comité logement Rive-Sud.

En trois ans, ce comité logement a connu une hausse marquée de plus de 218 % des demandes d’aide en logement.

Six demandes sur dix (59 %) sont notamment liées aux hausses de loyers et à l’incapacité de payer, la salubrité des logements et les réparations, ainsi qu’au logement social et abordable.

Centraide a versé chaque année depuis 2018 des sommes supplémentaires au Comité logement Rive-Sud pour répondre à la hausse de besoins individuels des locataires. Un montant de 63 000 $ en fonds d’urgence COVID-19 a récemment été alloué pour répondre aux demandes.

Une coalition pour le droit au logement

La Coalition des organismes de l’agglomération de Longueuil pour le droit au logement, dont fait partie le Comité logement de la Rive-Sud, a réalisé une vaste enquête inédite[1] sur les conditions de vie et d’habitation de 1 000 ménages locataires de l’agglomération de Longueuil afin de mieux connaître les besoins et de cibler des actions.

Cette étude, notamment soutenue financièrement par Centraide, permet de documenter la question du logement pour l’ensemble de l’agglomération, ce qui n’avait pas été réalisé avant. Elle permet également de constater que plusieurs groupes de personnes[2] sont plus à risque de vivre dans des logements insalubres, trop chers pour leurs moyens ou inadéquats.

Le rapport révèle que 7 locataires sur 10 de Longueuil ont au moins une problématique liée à l’insalubrité ou à des nuisances dans leur logement. Parmi ces problématiques, l’on compte un chauffage insuffisant ou défectueux, la présence de rats, de souris, d’insectes, de moisissures ou d’infiltration d’eau.

Outre les problèmes d’insalubrité, qui sont d’ailleurs plus fréquents chez les ménages les moins fortunés, l’étude permet de constater que les conditions de logement riment souvent, pour nombre de personnes, avec des situations de harcèlement, de discrimination et de violence, tout particulièrement pour les mères de familles monoparentales et les prestataires de l’aide sociale.

La peur, de voir le coût du loyer augmenter à la suite de rénovations, la méconnaissance des lois et des ressources d’aide en logement, la complexité du système et la barrière de la langue, etc. sont autant de constats (de l’étude) qui montrent combien le travail de terrain d’un organisme comme le comité logement Rive-Sud est primordial.

Afin de bonifier la quantité et la qualité de l’offre locative aux ménages locataires, le rapport indique qu’une partie de la solution à l’insalubrité des logements passe par une application plus serrée de la réglementation des villes, par l’émission systématique de constats d’infraction aux propriétaires récalcitrants, mais aussi, par la création de nouveaux logements sociaux qui représentent actuellement une très faible part des logements locatifs sur le territoire. Un minimum de 500 unités par année sur 5 ans sur le territoire de l’agglomération de Longueuil serait même nécessaire selon la lecture faite pour répondre à la pénurie de logements de qualité actuelle.

La mise en œuvre d’un Plan d’action est également en cours. Ce plan a entre autres comme objectif de donner la parole aux mal-logés, de faire entendre cette parole auprès des instances, ainsi que de planifier des actions politiques et de mobilisation. Le but ultime étant de renforcer le travail de concertation pour favoriser une meilleure synergie entre les différents acteurs et d’apporter des changements nécessaires sur le plan local ainsi que d’améliorer les conditions de logements de plusieurs locataires dans le besoin.


[1] Urgence d’agir. Conditions de vie et d’habitation de 1 000 ménages locataires de l’agglomération de Longueuil

[2] Les femmes, particulièrement celles qui sont cheffes de familles monoparentales, les ménages à faibles revenu et les prestataires de l’aide sociale ainsi que les immigrants récents et les personnes racisées.