Vers une définition commune de la pauvreté

5 juillet, 2021 •  Par Cristina Roque

J’amorce mon nouveau rôle chez Centraide du Grand Montréal. J’arrive en poste avec beaucoup de volonté et empreint d’humilité devant une organisation forte de ses employés, bénévoles et donateurs, devant l’expertise en développement social et philanthropique de mes collègues, et surtout devant la pertinence de chacune des interventions de Centraide dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. 

J’arrive également fort de mon expérience professionnelle, certes, mais aussi convaincu des vertus d’une approche collaborative que j’ai eu la chance d’appliquer au cours des huit dernières années à la Fondation Mirella et Lino Saputo. Cette approche, préconisée par Centraide du Grand Montréal depuis longtemps, est au cœur du grand Projet impact collectif* qui vise à réunir citoyens, organismes communautaires, philanthropes, représentants des gouvernements, et regroupements autour d’enjeux et d’objectifs communs d’un même quartier. Cette approche novatrice a fait ses preuves afin d’obtenir un impact durable dans nos communautés et rejoint mes convictions profondes du travail collectif.  

C’est ce qui m’a amené à Centraide. Cette soif de faire une différence en s’appuyant sur les organismes communautaires, ces forces vives des quartiers, en rencontrant leurs aspirations et en les accompagnant dans leurs objectifs de faire une différence au quotidien dans la vie des gens qu’ils desservent. Car pensez-y : qui de mieux pour aider Mme Boisvert et M. Diallo que la personne qui est en contact quotidien avec Mme Boisvert et M. Diallo?  

Si je retiens quelque chose de la dernière année, c’est bien l’entraide généralisée qui s’est manifestée au Québec. Comme si pendant un certain temps nous avions redécouvert un sens de la communauté. Ceci ne s’est pas fait sans heurt et difficulté, il va sans dire. Lors d’une crise, notre travail essentiel est de s’assurer que nous ne laissons personne en plan. Cette nécessité doit toutefois faire l’objet d’analyses et d’évaluations une fois la crise passée. Bien que les effets de la crise soient toujours présents, le moment des bilans et des apprentissages est venu. Il faut une vision rassembleuse d’un Grand Montréal inclusif et équitable. De là, le « qui fait quoi et comment » devra être réévalué et surtout discuté tous ensemble, autour d’une même table.  

Mon mandat en est un de continuité… dans le renouveau. Je m’attarderai au cours des deux prochains mois à rencontrer tous les acteurs de la grande famille de Centraide et de ses partenaires. Ce sera ma priorité de l’été. J’écouterai dans le but de bien comprendre les stratégies en place, et poserai les questions pour explorer les opportunités qui permettront à Centraide de se rapprocher de sa vision de bâtir une communauté inclusive et sans pauvreté partout dans notre Grand Montréal.  

Je veux comprendre quelle est notre définition de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Quand je dis « notre » définition, je parle de la définition commune que l’on pourrait se donner tous ensemble, comme société soucieuse du sort des personnes qui n’ont pas les mêmes chances et qui se retrouvent en situation de vulnérabilité. Une définition qui nous permettrait de nous fixer des objectifs ambitieux de transformation sociale, d’ajuster le tir, de nous mesurer, d’accepter que cela soulève des questionnements importants sur notre façon d’aborder les enjeux collectifs. Cette conversation, basée sur la collaboration et l’innovation, doit se faire avec tous les acteurs à la table : les citoyens, les organismes communautaires, leurs instances de concertation et leurs regroupements, le milieu des affaires, les institutions, les villes et les gouvernements.  

Aucune organisation, incluant Centraide du Grand Montréal, ne peut seule prétendre avoir la solution. C’est en poussant plus loin nos collaborations, en tirant les apprentissages des bons coups réalisés au cours des dernières années et particulièrement des quinze derniers mois que nous arriverons à construire une société inclusive, qui embrasse sa diversité et où chaque individu peut se réaliser pleinement. 

Claude Pinard 

Président et directeur général 
Centraide du Grand Montréal 

Projet impact collectif : Depuis le printemps 2016, 17 quartiers montréalais ont été choisis pour obtenir un soutien de 23 M$ sur six ans provenant de neuf grandes fondations.