Montréal, le 15 octobre 2026 – La pauvreté dans le Grand Montréal est non seulement plus répandue, mais elle dure aussi plus longtemps qu’on ne le croit. Selon une étude inédite menée par Centraide du Grand Montréal et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), 26 % des adultes ont vécu au moins une année sous le seuil de pauvreté entre 2016 et 2023. Parmi eux, 14 % ont connu une pauvreté persistante, pendant trois à huit ans, tandis que 12 % ont vécu une pauvreté temporaire, pendant une ou deux années.
Parmi les personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans la région métropolitaine de Montréal en 2022, plus de 70 % s’y trouvaient toujours l’année suivante, ce qui témoigne des difficultés à en sortir. Les femmes, les personnes de 65 ans et plus, ainsi que les personnes immigrantes sont davantage susceptibles de vivre une pauvreté persistante, soit pendant trois à huit ans. Cette durée reflète toutefois la période couverte par l’étude et ne signifie pas que la pauvreté prend fin après huit ans.
Les personnes aînées sont particulièrement touchées par cette réalité. Chez les 65 ans et plus, la proportion de personnes ayant connu une pauvreté fortement persistante est passée de 1 % entre 1992 et 1999, à 11 % entre 2016 et 2023. Cette progression met en lumière la vulnérabilité économique croissante d’une partie de la population aînée.
« Ces résultats sont très préoccupants et révèlent une réalité encore trop peu connue. À Montréal, non seulement le risque d’entrer dans la pauvreté est plus élevé que dans les autres régions métropolitaines du Québec, mais une fois qu’on y entre, il peut être difficile d’en sortir », mentionne Tasha Lackman, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal. « Nous devons intervenir sur plusieurs fronts à la fois pour prévenir l’entrée dans la pauvreté, soutenir les personnes qui la vivent et agir sur les conditions qui contribuent à la rendre persistante. »
« Les taux de faible revenu de la population adulte oscillent annuellement entre 10 % et 12 %, mais ils ne donnent qu’un aperçu partiel de la réalité de la pauvreté », souligne Xavier St-Denis, professeur à l’INRS et auteur de l’étude. « Lorsqu’on l’observe sur plusieurs années, on constate qu’une proportion beaucoup plus importante des adultes y est confrontée à un moment ou à un autre. Le risque de connaître la pauvreté varie aussi selon le territoire de résidence et peut être plusieurs fois plus élevé dans certains secteurs. »
Des solutions connues, une action à accélérer
Les solutions mises de l’avant par l’étude sont connues, notamment d’accélérer la construction de logements sociaux, d’assurer des revenus suffisants et de maintenir des services de garde accessibles pour faciliter la participation au marché du travail.
Pour avoir un effet tangible sur la pauvreté, il faut maintenant intensifier les efforts et mobiliser l’ensemble des acteurs, soit les gouvernements, les municipalités, les institutions parapubliques, les secteurs privés, ainsi que les milieux communautaires et philanthropiques.
D’importantes disparités d’un quartier à l’autre
L’étude est fondée sur des données couvrant près de 100 territoires de l’île de Montréal, de Laval et d’une partie de la Rive-Sud. Elle offre l’un des portraits les plus détaillés réalisés à ce jour des disparités locales en matière de pauvreté persistante.
L’île de Montréal se démarque particulièrement, puisque les niveaux les plus élevés de pauvreté à long terme sont observés dans plusieurs quartiers du centre et de l’est de l’île de Montréal.
Ce portrait permet également de mieux comprendre le lien entre la persistance de la pauvreté et les difficultés de logement. À Montréal, les quartiers où la pauvreté durable est la plus répandue sont aussi ceux où les difficultés à se loger adéquatement sont les plus présentes.
À l’inverse, dans les quartiers où les logements subventionnés sont plus nombreux, les ménages semblent mieux protégés contre les difficultés de logement. Ces résultats renforcent la nécessité d’accroître l’offre de logements sociaux et abordables.
Pour en savoir plus, visitez cette page web.
Pour consulter l’étude « Pauvreté persistante et temporaire : un enjeu de taille sur le territoire de Centraide du Grand Montréal », cliquez ici. Sa synthèse est également disponible ici.
À propos de Centraide du Grand Montréal
Véritable agent de changement, Centraide du Grand Montréal est une fondation publique qui a pour mission de rassembler et agir pour un Grand Montréal inclusif et sans pauvreté. Pour ce faire, il soutient un réseau de plus de 375 organismes et projets communautaires qui interviennent à Laval, à Montréal et sur la Rive-Sud afin d’améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté. Centraide collabore avec la population du Grand Montréal, ainsi qu’avec les milieux communautaires, des affaires, institutionnels et philanthropiques. Pour plus d’informations ou pour contribuer à la campagne Centraide : centraide-mtl.org.
À propos de l’INRS
L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) est un établissement universitaire dédié exclusivement à la recherche et à la formation aux cycles supérieurs dans des créneaux stratégiques au Québec. Depuis sa création en 1969, il poursuit sa mission de contribuer activement au développement économique, social et culturel du Québec. L’INRS se classe 1er au Québec en intensité de recherche. Il est composé de cinq centres de recherche et de formation interdisciplinaires, situés à Québec, à Montréal, à Laval, à Varennes, et dans Charlevoix, qui concentrent leurs activités dans des secteurs stratégiques : Eau Terre Environnement, Énergie Matériaux Télécommunications, Urbanisation Culture Société, Armand-Frappier Santé Biotechnologie, et Ruralités durables. Sa communauté compte près de 1 500 membres étudiants, stagiaires au postdoctorat, membres du corps professoral et membres du personnel.