Jacques Baillargeon

Avril 2012

Animé par une grande aversion pour les inégalités sociales, Jacques Baillargeon a fait le pari d’outiller les jeunes en difficulté et itinérants de son quartier, Hochelaga-Maisonneuve, pour qu’ils reprennent le plein contrôle de leur vie.

S’il a remporté son pari, 25 ans plus tard, c’est que ce leader a défendu bec et ongles sa philosophie d’intervention, qui repose sur la responsabilisation. Au risque d’en faire sourciller plus d’un.

Véritable entrepreneur social, Jacques Baillargeon a fondé l’Auberge du cœur l’Escalier en 1988. Dès son ouverture, il était hors de question qu’on y retrouve le type d’intervention centré sur l’encadrement qui était privilégiée à l’époque.

À l’Auberge du cœur l’Escalier, les jeunes en difficulté sont bien ancrés dans la vie quotidienne. Revêtus de leurs tabliers, les résidants concoctent eux-mêmes leurs repas. Crayon et calculatrice à la main, ils apprennent à faire un budget. Ils ont l’obligation de mettre le nez dehors pour aller bouger. Par ailleurs, les jeunes sont appelés à assumer leurs actes en tout temps, la présence d’intervenants n’étant assurée que durant les jours de semaine.

Sans le savoir, la maison d’hébergement jadis à contre-courant a joué un rôle précurseur. Aujourd’hui, la vaste majorité des maisons du genre ont adopté le modèle d’intervention imaginé par Jacques Baillargeon.

Mais ce n’est pas tout. En 1994, Jacques Baillargeon en est venu au constat que les jeunes devaient composer avec un autre défi au sortir de l’Auberge du cœur. Bien que mieux outillés, ils avaient de la difficulté à garder un emploi. Il devenait essentiel, pour lui,  d’offrir à sa clientèle des services complémentaires pour éviter qu’elle ne retourne à la case départ.

C’est ainsi qu’à germé l’idée de leur créer une entreprise d’insertion. Aux Distributions l’Escalier, près d’une centaine de jeunes vient annuellement acquérir une expérience de travail, en plus d’y améliorer ses aptitudes personnelles. Puis, plus récemment, une ferme d’économie sociale a vu le jour à quelque 2h30 de route de Montréal. La Ferme aux Champêtreries alimente bien entendu les Distributions l’Escalier en produits du terroir, mais elle offre, d’abord et avant tout, la possibilité à des jeunes trop souvent confinés à la métropole et au béton la possibilité d’élargir leurs horizons. 

Centraide appuie l’Auberge du cœur l’Escalier depuis 1989.
Jacques Baillargeon est lauréat du Solidaire Leadership 2012.

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