Travailler et être pauvre


Centraide du Grand Montréal et l’INRS dévoilent les résultats d’une étude sur le travail et la pauvreté dans la région montréalaise

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, Centraide du Grand Montréal et l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) ont dévoilé aujourd’hui les résultats d’une étude conjointe sur les travailleurs pauvres dans la région montréalaise.

Les résultats de cette étude révèlent que le travail ne garantit plus un revenu suffisant pour un nombre croissant de travailleurs, qui malgré leur emploi, demeurent pauvres. Dans la région de Montréal, sur 10 personnes de 18 à 64 ans à faible revenu, 4 occupent un emploi. Ce sont 125 000 personnes qui sont confrontées à cette réalité.

Faits saillants

  • De 2001 à 2012, le nombre des travailleurs pauvres a crû d’environ 30 % dans le Grand Montréal. 
  • On observe une concentration du phénomène sur l’île de Montréal. Les taux les plus élevés de travailleurs pauvres se retrouvent dans les quartiers montréalais suivants : Parc-Extension (30,7 %), Peter-McGill (19,7 %), Côte-des-Neiges (18,9 %), Petite-Bourgogne (18,5 %), Pointe-Saint-Charles (18,2 %), Saint-Michel (17,6 %) et Saint-Henri (17,5 %).
  • Plus de la moitié des travailleurs pauvres ont des enfants (55 %).
  • Qui sont les travailleurs pauvres ?
    • 38 % des chefs de familles monoparentales de moins de 30 ans, en majorité des femmes, sont des travailleurs pauvres. 
    • 27 % des immigrants récents sont des travailleurs pauvres; ils sont 5 fois plus à risque que les non-immigrants (6 %) de l’être.

Citations

« La pauvreté chez les travailleurs accentue les inégalités et représente un défi supplémentaire pour les organismes de notre réseau. Ces inégalités se traduisent par un écart entre la situation de vie des mieux nantis et celle des personnes défavorisées qui s’accroît tout au long de la vie. À Montréal, l’espérance de vie peut être diminuée de 11 ans d’un quartier riche à un quartier pauvre. D’où l’importance d’intervenir le plus tôt possible auprès des enfants et de leurs familles pour briser le cycle de la pauvreté », explique Lili-Anna Pereša, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal. 

« Les inégalités urbaines sont en croissance dans de nombreuses grandes villes canadiennes. À Montréal, le statut familial et, en particulier, la monoparentalité féminine semble la variable la plus déterminante dans l’explication du phénomène des travailleurs pauvres. Les immigrants souffrent aussi davantage de cette situation quel que soit leur niveau d’éducation. Il est essentiel de prendre en compte la réalité de ces travailleurs au sein des politiques publiques et des interventions communautaires en raison de leur nombre grandissant », a conclu Xavier Leloup, chercheur à l’INRS.

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